Podcast - La crise du tourisme

par Yves-Marie Debois Brunet

La crise du tourisme en France : une réalité trop peu médiatisée

On parle de plus en plus d’une « crise silencieuse » du tourisme en France, s’il est question de silence, c’est seulement que le pouvoir médiatique n’en parle pas à la mesure du phénomène observé. Mais toute personne qui se sera déplacée cet été aura pu remarquer les restaurants vides, les hôtels sous-occupés, la fréquentation clairsemée des lieux touristiques.
Et cela vaut pour toutes les catégories de tourisme, aussi bien le tourisme bronzé que le tourisme culturel.

Comment donc expliquer ce qui se passe ? Naturellement, il est difficile d’en proposer une analyse sans disposer d’aucun recul : nous sommes encore au cœur de l’événement.
Rappelons d’abord quelques données de base.

Les causes profondes de la crise du tourisme : prix, habitudes et contexte européen

On a longtemps prétendu que la France était la première destination touristique du monde, en se contentant de compter les millions de touristes étrangers qui y entrent en période de vacances, en particulier en période estivale. Mais cela n’a jamais été vrai : un Hollandais, par exemple, ou un Danois, qui part passer ses vacances sur la Costa Brava, est non seulement obligé de traverser la France, mais en outre d’y dormir au moins une nuit. Cela induit bien sûr des dépenses de transport, d’alimentation et d’hébergement qui bénéficient au pays de transit ; mais l’essentiel de la dépense sera effectué en Espagne : l’année passée, 9 milliards et demi de recettes, contre 8 milliards et demi pour la France. C’est que l’immense majorité des touristes visent le bronzage plutôt que la visite des sites, certes beaucoup plus nombreux en France.
Quant à l’Angleterre, qui tout au long de l’année réalise un score égal à celui de la France, cela est dû à son passé impérial, mais aussi au désir d’un grand nombre de visiteurs d’améliorer la pratique de sa langue universelle.

Mais ceci doit être mis à part, revenons en tout cas à la situation du tourisme français, dont on découvrira à l’automne que sa catastrophe n’a pas épargné non plus la première destination, l’Espagne. Cette similitude, ou du moins cette ressemblance, nous permettra peut-être de trouver des causes. Pour n’évoquer que la France, on peut parler du prix des prestations, plus élevé qu’ailleurs. De fait, le Danois de l’année dernière, au lieu de s’arrêter dans un restaurant, aura préféré cette année pique-niquer sur une aire d’autoroute, acheter sa nourriture dans un supermarché, éventuellement camper plutôt que séjourner à l’hôtel. Cette année, avant même les grandes transhumances estivales, on observait une augmentation de 6% de la fréquentation des campings : il est certain que l’été n’aura fait que confirmer cette tendance aux dépens de l’hôtellerie-restauration.

Quelles perspectives pour surmonter la crise du tourisme ?

Dans la mesure où la crise du tourisme met en cause non pas seulement les consommateurs français, mais encore ceux venant de l’étranger, nous pouvons penser qu’elle indique une crise économique plus générale, celle de l’Union européenne tout entière, où le pouvoir d’achat a baissé partout à cause des politiques adoptées en lien avec la guerre ukrainienne. L’augmentation du coût de l’énergie, résultant de la fermeture économique de notre frontière avec la Russie, la guerre douanière menée par les États-Unis, les dépenses orientées vers l’armement, sont autant de facteurs déterminants. En France où le travail est le plus taxé au monde, les professionnels du tourisme sont contraints d’imposer des prix que les consommateurs ne peuvent plus assumer. Ajoutons-y les grèves du transport ferroviaire et surtout aérien, mais aussi, d’une manière plus générale, la dégradation de l’image du pays aux yeux de la clientèle étrangère, à notre époque où les informations contournent les médias subventionnés, notamment celles touchant les agressions des habitants par les réfugiés. Cela dit, l’Angleterre et l’Espagne ne sont pas mieux loties avec leurs émeutes actuelles, durement réprimées mais pourtant récurrentes.
Nous serons capables d’en dire plus quand nous aurons plus de recul.

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