La présidentielle biélorusse

Présidentielle biélorusse

 

L’identité de la Biélorussie

Les perturbations internationales à propos de l’élection présidentielle biélorusse fournissent une occasion de rappeler l’existence de ce pays considéré comme l’un des effets dévastateurs de la gestion communiste de la Russie entre 1917 et 1991.
« Biélorussie » veut dire : Russie blanche. Ce n’est pas une nuance politique, mais plutôt une couleur géographique, un peu comme on parle des Périgords noir, vert, blanc et pourpre. Mais autant ces quatre Périgords se voient attribuer leurs couleurs en fonction de celles qui attirent le regard dans chacun d’eux : respectivement la terre noire, les feuilles de chêne, le calcaire et les vignobles de Bergerac, autant la Biélorussie doit son surnom à sa situation occidentale, tandis que le vert est à l’est, le rouge au sud et le noir au nord, selon de vieilles traditions centre-asiatiques. C’est dire que l’on a du mal à définir une identité exclusive biélorusse. Mais il est vrai que le pays n’a pas toujours été confondu avec la Russie : il a abrité les principautés de Polotsk et de Minsk, slaves sans doute, mais proches de la Lituanie et de la Pologne. De là à y créer à l’époque moderne un Etat distinct, l’idée en est venue une première fois quand l’Allemagne impériale a profité de la Révolution communiste en Russie pour y fonder en 1918 une communauté indépendante, reprise dès l’année suivante par Lénine après la défaite finale de l’Allemagne concluant la Première guerre mondiale.

L’entrée de la Biélorussie à l’ONU

Par la suite, la Russie, devenue l’URSS, obtint que son pays soit représenté trois fois à l’ONU, et dispose de trois voix, une pour l’Ukraine, une pour la Biélorussie et une pour le reste de l’Union soviétique. Les Alliés ont laissé faire, parce que, pour les décisions les plus importantes, chacun disposait de toute façon d’un droit de veto. Mais ce faisant, l’URSS se tirait une balle dans le pied: elle n’imaginait pas que son régime communiste s’effondrerait un jour, mais lorsque l’événement s’est produit, les trois pays : Russie, Ukraine et Biélorussie, sont entrés distinctement dans le concert des nations libres, séparés par leurs frontières et leurs sièges à l’ONU.

Une Russie aujourd’hui affaiblie

On se souvient – à moins qu’on ne s’en souvienne plus ? – que les Puissances occidentales, vainqueurs de la guerre Froide, avaient promis de ne pas profiter de la situation, c’est-à-dire de laisser toutes ces régions de l’ancien empire soviétique sous l’influence russe. Mais, comme chacun sait, les promesses n’engagent que celui qui les reçoit, quand celui-ci est le moins puissant. Aujourd’hui, au grand dam de Moscou, l’Occident américanisé avancerait bien encore ses pions dans sa manœuvre constante d’encerclement de la Russie affaiblie, qui n’a plus de force que dans son arsenal nucléaire et son président déterminé à ne pas laisser s’installer à Minsk un pouvoir inféodé à un nouveau suzerain.

 

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