Le conflit du Haut-Karabakh

 

Il arrive que l’on se demande pourquoi nos écoles de management proposent aux étudiants des cours de culture générale, non pas pour étaler vainement sa culture, mais pour que chacun comprenne mieux le monde qui l’entoure, et notamment en mettant face à face l’histoire et l’actualité.

Le contexte du conflit du Haut-Karabakh

On peut citer un exemple aujourd’hui avec le conflit du Haut-Karabakh, que les Arméniens appellent plus volontiers l’Artsakh : il convient de donner quelques éclaircissements historiques mais également géopolitiques pour que chacun puisse se forger sa propre idée sur l’événement.

D’abord, rappelons que l’Arménie est l’une des plus anciennes nations du monde, avec la Chine, l’Ethiopie, ou le peuple juif, ou encore la Perse et peut-être aussi les Kurdes s’il s’avère qu’ils descendent des anciens Mèdes. Ainsi, les Turcs qui aujourd’hui lui disputent des régions du Caucase sont de nouveaux venus, comparés aux Arméniens, au regard de l’histoire. On se souvient qu’une partie d’entre eux, les Turcs de l’ouest, pourrait-on dire, ont fondé un gigantesque empire ottoman qui a duré plusieurs siècles, et auquel une partie des Arméniens ont été soumis, l’autre partie étant bientôt intégrée à un autre empire, celui des Russes, certes moins éloignés d’eux du fait du christianisme qu’ils ont en commun, en dépit des différences dogmatiques qui peuvent les séparer. Mais l’Artsakh était bel et bien, sous l’Antiquité, au IVe siècle avant JC, donc au temps d’Alexandre le Grand, une région du royaume d’Arménie sous la dynastie des Orontides.

Les raisons du conflit du Haut-Karabakh

L’Azerbaïdjan, Etat récent dessiné par Staline quand il était, sous Lénine, en charge des nationalités de l’URSS, abrite en fait ni plus ni moins que des Turcs dont la langue comporte quelques différences de détail avec celle que l’on pratique à Ankara, mais qui fait dire au président turc Erdogan qu’en définitive, la Turquie et l’Azerbaïdjan sont deux Etats pour une même nation. Le problème, c’est qu’entre ces deux Etats, il y a l’Arménie, ou ce qu’il en reste, et c’est pourquoi les Turcs rêveraient d’en finir avec cette nation multimillénaire qui s’interpose entre eux. Déjà, en 1915, l’Arménie a été effacée de la carte dans les régions de Van, à l’Est de l’Empire ottoman : c’est ce qu’on appelle le génocide arménien, tant il est vrai que plus aucun Arménien ne vit aujourd’hui dans cette région. Mais il restait l’autre partie de l’Arménie, sous domination russe, celle qui, devenue indépendante en 1991, se trouve aujourd’hui prise en étau entre l’Azerbaïdjan et la Turquie moderne.

En principe, la Russie devrait prendre la défense de l’Arménie, mais l’Azerbaïdjan, c’est le pétrole de Bakou, une région avec laquelle le partenariat est suffisamment précieux pour que les intérêts économiques fassent taire les sentiments : telle est la loi de la géopolitique. Maintenant, c’est à l’avenir de nous en dire plus.

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