Le protectionnisme

protectionnisme

Un problème de sur-dépendance

La crise du coronavirus a fait ressurgir des questions touchant à la protection de nos frontières économiques, dans un contexte où la population a pu découvrir que même nos équipements hospitaliers de base dépendaient du bon vouloir de la production extérieure. Cette dépendance ne vient pas du fait que nous ne sommes pas capables de fabriquer des masques ou des médicaments, mais plutôt de ce que les coûts de fabrication sont très inférieurs à l’étranger, de sorte que, la concurrence étant laissée libre, les hôpitaux consommateurs de ces produits ont préféré choisir des fournisseurs étrangers vendant à bas prix plutôt que des fournisseurs restés à l’intérieur de nos frontières.

Le protectionnisme pour pallier à cette dépendance

Beaucoup se demandent si, pour sortir de cette situation d’extrême dépendance, il ne faudrait pas adopter une politique protectionniste, consistant, d’un côté, à freiner ou au moins encadrer les importations en édifiant des barrières douanières, ou en imposant aux produits importés des normes contraignantes, et de l’autre, à favoriser les entreprises nationales dans les appels d’offres de marché public, à encourager la production locale par des subventions, en interdisant même aux investisseurs étrangers le contrôle de nos entreprises nationales.
A la racine du mot « protectionnisme », il y a le mot « protection » : il s’agit pour un Etat, dont la raison d’être est de protéger les particuliers, de mettre en œuvre une politique capable d’atteindre ce but. Par exemple, les Etats-Unis disposent d’un arsenal douanier très efficace, le « Super 301 » qui peut stopper à tout moment une importation jugée trop dangereuse pour l’équilibre économique intérieur. On se concentre aujourd’hui sur le protectionnisme de Donald Trump, mais cet outil légal date de 1974 : c’est dire comment l’imaginaire, une fois encore, gouverne notre compréhension des grands mouvements de ce monde.

Une situation favorable au protectionnisme

Cela dit, Donald Trump, en effet, s’inquiète en particulier de la concurrence chinoise à propos de l’acier et de l’aluminium dont l’importation a fait chuter la production américaine. D’où une guerre commerciale américano-chinoise, sans parler de la faiblesse consubstantielle de l’Europe, exposée à tous les vents.
Mais il faut savoir relativiser cette faiblesse : en réalité, l’Union européenne – qui ne se limite pas à la France – jouit d’un excédent commercial avec le monde – 200 milliards -, quand les Etats-Unis et la Chine sont l’un et l’autre déficitaires : respectivement 500 et 40 milliards. On voit que la question du protectionnisme est ambivalente : trop de droits de douane à l’entrée du pays concourt à augmenter les prix intérieurs ; mais il est vrai que l’ouverture douanière concourt également à raréfier la production intérieure ; ou bien alors, il faut que, constamment, les travailleurs intérieurs visent l’excellence, de façon à rester compétitifs, du fait de la qualité supérieure de leur travail.
D’où la nécessité, particulièrement en France, d’une politique de la formation qui permette à la génération montante d’entrer avantageusement dans le monde de demain. C’est précisément ce que se proposent nos cycles de formation de managers en alternance.