Le rôle du commerce dans la prospérité

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Le regard sur le commerce dans l’histoire

Nos regards portés sur le commerce n’ont pas toujours été les mêmes dans l’histoire. Par exemple, sous la Chine ancienne, ou le Japon d’avant l’ère Meiji, une fois considérées les élites (surtout militaires au Japon, surtout administratives en Chine), la fonction économique la plus respectée était celle de l’agriculteur, « celui qui crée ».

On sait en effet que, depuis la Révolution agricole, passant d’une économie de prédation (chasse, pêche et cueillette) à une économie de reproduction, la capacité à produire est en effet regardée comme une capacité créatrice.
Après le paysan, on plaçait les artisans, « ceux qui transforment ». Notez donc que l’artisan était regardé comme moins estimable que le paysan, parce qu’il était supposé ne pas créer, mais seulement transformer ce qui était déjà créé : par exemple, le boulanger qui transformait le blé en pain en passant par la farine à laquelle on ajoute de l’eau.

Et en dernier, tout en bas de la pyramide sociale, venait le marchand, le commerçant, réputé ne rien créer, ne rien produire, pas même transformer. Un préjugé à la rigueur compréhensible dans le Japon ancien qui restait fermé aux échanges extérieurs, même si le commerce est également essentiel à l’intérieur ; mais plus difficilement explicable dans le peuple chinois, réputé être depuis toujours l’un des plus commerçants du monde.

Des théories plus modernes

D’autres théories, plus modernes, ont pris le contrepied de ce classement hiérarchique en affirmant au contraire que le commerce est un facteur essentiel de la richesse des nations. C’est par exemple le mercantilisme, qui consiste à croire que l’important est d’avoir une balance commerciale la plus excédentaire possible pour engranger les bénéfices des ventes et ainsi augmenter son patrimoine monétaire, signe de richesse. C’est aussi la théorie de Ricardo, adoptée aujourd’hui par l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC) de « l’avantage comparatif », que l’on peut résumer ainsi : deux entités tirent toujours un avantage mutuel à commercer, quand chacune produit là où elle est la meilleure. Telle est la plus-value du commerce.

Le commerce, l’une des conditions de la prospérité

Oh, sans nul doute, aucune de ces théories n’est totalement satisfaisante : on sait par exemple que, pour être parfaitement viable, celle de l’avantage comparatif doit exiger de la part du producteur un effort continu dans l’expertise, de façon à pouvoir rester à la hauteur de ses partenaires. Or il existe une limite à cet effort. Mais bien sûr, le fait de protéger l’activité en limitant les échanges a également quelque chose d’artificiel : on voit bien qu’en définitive, l’économie n’est peut-être pas une science au sens fort du terme. Il n’empêche que les trois piliers de l’activité que sont le travail, l’épargne et l’investissement, ne sont pas les seules conditions de la prospérité : le commerce en est une autre, comme d’ailleurs les échanges en général, la communication des compétences et des innovations.

C’est pourquoi ce n’est pas seulement le métier d’ingénieur qui peut être qualifié de noble, c’est aussi le commerce. Il souffre aujourd’hui, dans un contexte de pandémie mondiale, mais il ne cessera pas, bien au contraire : le rapprochement entre les hommes ne fera que l’intensifier. A chaque promotion d’étudiants qu’elle offre sur la marché, notre Ecole augmente sa raison d’être.