L’économie sociale de marché

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L’économie sociale de marché : une doctrine économique allemande

L’économie sociale de marché est considérée comme une doctrine économique venant d’Allemagne, plus exactement de l’Allemagne occidentale de l’après-guerre conduite par le chancelier Adenauer.

Sous la République de Weimar s’est développé un courant intellectuel qu’on a appelé l’ordolibéralisme. Son fondateur est Walter Eucken, un professeur de l’Université badoise de Fribourg, qui, en 1937, appelle l’Etat à encadrer l’organisation de l’économie (Ordnung der Wirtschaft). Qu’on ne se méprenne pas : Eucken n’est pas partisan d’une administration de l’économie par l’Etat, mais sa tutelle légale doit s’exercer pour permettre au contraire une concurrence loyale entre les entreprises. L’idée n’était alors pas facile à admettre, ni à droite, ni à gauche.

Une idée difficile à admettre

A gauche, parce que le socialisme encourage au contraire l’Etat à s’emparer des outils de production et de distribution pour créer une société dont les acteurs seraient parfaitement égaux. Quitte, évidemment, à supprimer la liberté, qui est le premier obstacle à l’égalité, du moment que le plus fort, le plus riche, le plus talentueux ou le plus chanceux est laissé entièrement libre d’agir, fût-ce aux dépens du plus faible, du pauvre, du moins talentueux, du malchanceux.

A droite, parce que, surtout en Allemagne, c’est l’Etat qui, à mesure que la Première guerre mondiale s’éternisait, a permis, grâce aux mesures prises par le général Ludendorff, de tenir le plus longtemps possible face à la coalition des puissances qui l’encerclaient : Russie à l’est, France et Angleterre à l’ouest ; sans parler du front sud. Il avait donc existé une sorte de collectivisme de droite, d’économie militaire qui, certes, n’avait pas réussi à desserrer le nœud que les Alliés avaient passé au cou de l’Allemagne, mais ce régime économique avait laissé des traces chez les Allemands disciplinés et patriotes qui avaient pris en grippe le modèle capitaliste de leurs adversaires, en particulier celui des Anglais rendus coupables d’un blocus maritime impitoyable.

La signification de l’économie sociale de marché

Pourtant, Eucken et les autres ordolibéraux n’ont pas vraiment été inquiétés par le régime hitlérien qui, bien que plus étatiste, pouvait y reconnaître quelques idées économiques communes. C’est tout de même après la capitulation allemande que l’ordolibéralisme a conquis les esprits, d’autant que Eucken avait appartenu à un réseau secret de résistance au nazisme. Quant au chancelier Adenauer, il s’en est d’autant mieux inspiré que lui-même professait des idées puisées dans la doctrine sociale de l’Eglise.

En somme, l’économie sociale de marché est un mélange de ces deux idées : ni administrée, ni intégralement libre, c’est une économie encadrée par les lois que l’Etat émet pour empêcher le renard d’entrer dans le poulailler et y dévorer ses compatriotes, mais aussi pour lui permettre de viser le profit individuel, sans lequel l’économie n’a pas de sens, car dans son fonctionnement même, l’économie vise le bien des particuliers.

 

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