Les enjeux de la démographie mondiale

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Les chiffres prévisionnelles de la démographie mondiale

Aujourd’hui, nous sommes sept milliards et demi d’habitants ; mais dans une trentaine d’années, nous gagnerons encore deux milliards, pour atteindre neuf milliards et demi. Ensuite, la fécondité mondiale étant déjà en baisse, l’ONU présume – c’est beaucoup de présumer à quatre-vingts ans de distance, mais enfin, elle présume – que la courbe atteindra onze milliards à la fin de ce XXIe siècle. La moitié de cet accroissement viendra de neuf pays seulement, sur les deux cents qui se partagent le monde : L’Union indienne, le Nigéria, le Pakistan, le Congo Kinshasa, l’Ethiopie, l’Indonésie, l’Egypte et enfin les Etats-Unis, seule puissance occidentale dans ce décompte, mais dont le surcroît de population modifiera peut-être son identité même, d’autant plus que ce pays n’est pas une nation au sens classique de ce terme.

Nous avons cité plusieurs pays d’Afrique noire en particulier, mais plus généralement, l’ensemble de cette région subsaharienne devrait voir doubler sa population.

 

Le déséquilibre de la démographie mondiale

Dans les années soixante, quand nous étions trois milliards et demi, des analystes imaginaient que les ressources de la terre ne suffiraient pas à nourrir cette population, que l’on prévoyait d’ailleurs atteignant douze milliards en l’an 2000. Voilà encore un exemple du décalage entre le stock, que l’on peut évaluer avec précision à un moment donné, et le flux, en grande partie imprévisible, l’évolution des techniques pas exemple, et pourquoi pas également les événements susceptibles de perturber l’ordonnancement du monde. Pour ce qui concerne la démographie, démentant les spéculations catastrophistes, le progrès technique a permis globalement, malgré la persistance de la faim dans le monde – probablement aussi vieille que le monde lui-même – de répondre à ce défi : que l’on songe par exemple à la Révolution verte dans l’Union indienne.

Il n’empêche que l’on peut risquer des projections à partir de ce stock de données disponibles aujourd’hui : conséquence du progrès de la médecine, les hommes vivront plus longtemps, et dans le contexte d’un ralentissement de la natalité, les personnes âgées de plus de 65 ans seront plus nombreuses que les enfants de moins de 5 ans.

Déjà, 55% des hommes vivent en ville, ce qui est très nouveau, et l’on redoute que le siècle s’achève sur une proportion de 70% de citadins. Ce qui est un échec pour la ruralité, incapable d’assumer l’essor démographique, alors que les villes n’occupent que 2% du territoire disponible mondial, tout en assurant 80% du PIB.

Ce déséquilibre a une explication. Les services dont les hommes ont besoin – santé, sécurité, écoles, transports, etc., sont évidemment plus rentables dans des zones où la population est concentrée que dans des régions où elle est dispersée : à effort égal, le service coûte plus cher ici que là. Ainsi se voit-on interrogé par notre système économique lui-même, reposant sur la loi fondamentale de l’activité économique : la recherche du profit dégagé d’une équation entre le l’investissement et ses dividendes.

 

L’équilibre à trouver

La réflexion n’est pas facile à conduire, car on ne saurait inconsidérément nier cette équation, comme on a cru pouvoir le faire sous quelques régimes économiques aberrants que l’on a connus au XXe siècle. Et pourtant, en dépit de cette expérience décevante et même douloureuse, il va bien falloir chercher à atteindre un équilibre raisonnable entre la ville et la campagne, mais avec des idées neuves. On connaît le mot d’Einstein à Paul Valéry : « Les idées, c’est rare ! ». Pour l’aménagement de nos territoires, tel est le défi que pose la démographie mondiale aux générations nouvelles.

 

 

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