Les interventions extérieures de Joe Biden

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L’intervention de la Birmanie

Après quatre années d’accalmie guerrière sous l’administration Trump, la question se pose de savoir sur quels pays les Etats-Unis seraient tentés de peser, au besoin militairement, sous le commandement suprême de Joe Biden.

Une première réponse a été fournie en Birmanie, qui est, comme ont pu être d’autres pays au temps de la guerre Froide, un lieu d’affrontement par pays interposé, sinon que cet affrontement n’est pas guerrier. Il faut dire que, géopolitiquement parlant, disposer d’un axe de communication passant par la Birmanie permettrait à la Chine de contourner le goulet d’étranglement constitué par le détroit de Malacca : en effet, dans son souci d’envoyer ses pétroliers acheter du pétrole dans la péninsule arabique ou en Afrique, la Chine est vulnérable, car elle expose ses flancs aux bases américaines, françaises et britanniques tout au long de sa route. Pouvoir poser un oléoduc traversant la Birmanie soulagerait, non pas totalement certes, mais soulagerait quand même, cette dépendance géographique.

Il se trouve que sur la côte birmane, il existe une région musulmane, celle des Rohingyas, qui peut servir aux rivaux de la Chine comme levier de déstabilisation du pouvoir de l’armée, traditionnellement socialiste et alliée de Pékin. Par ailleurs, il existe dans ce pays une forte opposition, incarnée par An Sang Su Ki, épouse d’un Britannique, à qui l’Occident a attribué un prix Nobel de la paix, une arme idéologique dont il a l’habitude de se servir contre ses ennemis. C’est ainsi que les troubles actuels en Birmanie peuvent être lus à la lumière de cette rivalité sino-occidentale, et d’abord sino-américaine.

Les tensions entre l’Etat taiwanais et la Chine

Il va sans dire que dans la mer de Chine elle-même, l’existence d’un Etat taiwanais, qui, du fait même qu’il est peuplé de Chinois échappés au communisme maoïste contrarie le projet de recouvrement complet de l’indépendance chinoise, l’Occident – en l’occurrence, en ce moment même, des porte-avions américains et des sous-marins nucléaires d’attaque français – met la pression sur Pékin. Il est cependant peu probable que cette tension aboutisse aujourd’hui à une guerre, car la Chine est trop équipée en armement nucléaire pour être traitée comme un ennemi négligeable.

Le projet de certaines interventions extérieures : vaincre depuis l’intérieur

C’est encore plus vrai de la Russie, un nain économique mais un géant nucléaire que les Etats-Unis ne pourraient attaquer sans représailles mortelles. Ainsi, toute la panoplie médiatique et économique déployée contre M. Poutine est destinée à briser ce rival de l’intérieur, de le faire s’effondrer sur lui-même en créant les conditions d’une révolution pro-occidentale, comme cela a pu réussir dans les anciennes marches de l’ex-empire soviétique. Mais Vladimir Poutine n’est pas Donald Trump, et ce projet ne semble pas réaliste tant qu’il restera au pouvoir.

Moins irréaliste apparaît le projet de vaincre l’Iran de l’intérieur : le quasi-blocus économique conduit par les Américains a considérablement affaibli le régime des Mollahs, sans réussir encore à le faire s’effondrer, mais il n’est pas tout à fait impossible de l’envisager, surtout si, avec la bénédiction de l’Arabie et d’Israël, la tension devait tourner à la guerre. On voit en tout cas M. Biden tenter de s’éloigner peu à peu de l’alliance saoudienne : est-ce pour préparer une nouvelle alliance avec un Iran débarrassé de son régime, comme au temps du Shah ? Wait and see

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