Les Nouvelles routes de la soie

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L’origine des nouvelles routes de la soie

On sait que depuis plusieurs décennies, la Chine a retrouvé sa place, occultée depuis des siècles, parmi les grandes puissances du monde, jusqu’à atteindre le deuxième rang derrière les Etats-Unis. Depuis quelques années, elle s’est lancée dans un vaste programme commercial qui stupéfie le reste du monde : les nouvelles routes de la soie.

Ce nom est en fait un surnom donné à l’initiative, rappelant l’époque où, depuis les rivages méditerranéens, les commerçants de l’antiquité partaient en longues caravanes à la recherche, entre autres choses, des tissus en soie, dont à l’époque la Chine seule possédait le secret. Ces routes contournaient l’Himalaya par le nord et disposaient de caravansérails, vastes relais où hommes et bêtes se reposaient avant de reprendre la route.

Le projet des nouvelles routes de la soie

Aujourd’hui, les nouvelles routes de la soie se promettent de faire traverser tout le continent eurasiatique par des autoroutes et des voies ferrées. Parallèlement, des comptoirs maritimes doivent être construits sur les côtes orientales de l’Afrique pour doubler les routes terrestres par des routes maritimes, ce que la Chine appelle, avec son langage poétique proverbial, « le collier de perles ».

Le projet est grandiose, à la mesure de ce que la Chine a laissé au monde en tant que civilisation, aujourd’hui la plus ancienne subsistante. Des centaines de milliards ont déjà été dépensés dans le creusement des axes et dans la construction des ports, une manne financière tout droit sortie des caisses pleines du pays. Et pourtant, ce décor flatteur ne doit pas faire oublier les difficultés d’application.

Les difficultés de ce projet

En effet, ces routes sont appelées à traverser un grand nombre de pays souverains dans différentes directions, ce qui implique de devoir se mettre d’accord avec tous les partenaires sans jamais aucune discordance, ce qui est évidemment impossible.
Pour ne donner que deux exemples, la route qui doit gagner le Pakistan en passant par le Cachemire froisse l’Union indienne qui en revendique la souveraineté.

Par ailleurs, la Chine a mis sur pied l’Organisation de Coopération de Shangaï qui prétend donner une âme au corps des nouvelles routes de la soie, mais cette organisation entend mettre en œuvre un libre-échange avec banque d’investissement, qui se superpose à l’Union Economique Eurasiatique édifiée par la Russie.

Tel est l’inconvénient du commerce terrestre, sur lequel repose tout le projet des nouvelles routes de la soie, nonobstant le volet maritime qui ne peut faire oublier deux contraintes : d’une part, la Chine elle-même est géographiquement confinée dans un espace maritime réduit où elle doit compter avec la présence de voisins généralement protégés par la puissance militaire américaine ; d’autre part, l’ensemble des mers est contrôlé par les puissances occidentales qui, en cas de crise, pourraient stopper net ses approvisionnements, notamment en pétrole.

Ce sont d’ailleurs ces contraintes géographiques qui sont à l’origine des nouvelles routes de la soie, prétendant contourner le problème sur terre. Mais la différence entre la terre et la mer est pourtant essentielle : sur mer, en-dehors des eaux territoriales et des zones économiques exclusives, un navire ne traverse aucun espace privé, et d’ailleurs ne rencontre aucun obstacle naturel, de sorte qu’il est déjà, virtuellement, arrivé à destination.

En fait, les nouvelles routes de la soie voudraient équilibrer le rapport entre la terre et la mer comme deux vecteurs des échanges, mais il est peu probable qu’elles modifient profondément la suprématie de la mer, qui aujourd’hui assure 85% du commerce mondial.

 

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