Les puissances nucléaires

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Les puissances nucléaires d’aujourd’hui

La question posée par l’éventualité que l’Iran réussisse à se doter un jour de bombes atomiques est l’occasion de faire le bilan des puissances nucléaires aujourd’hui.

Officiellement, il en existe sept. Mais une huitième pourrait être Israël, qui cependant n’a jamais reconnu posséder de bombes atomiques, en dépit du fait que le reste du monde soupçonne la France de lui en avoir transmis le secret de fabrication. Notons toutefois qu’il ne suffit pas d’avoir des armes nucléaires : encore faut-il savoir les transporter, et personne ne se demande comment l’Etat d’Israël pourrait s’en servir sans disposer, par exemple, de sous-marins lanceurs d’engins (SNLE).

Enfin, une neuvième puissance proclame au contraire à cor et à cris être entrée dans ce club très fermé, sans que l’on soit en mesure de vérifier ses prétentions : car, à vrai dire, les explosions souterraines qu’elle a provoquées pourraient très bien n’être pas autre chose que du TNT en grande quantité, si l’on en juge par leur effet relativement modeste, en tout cas très loin d’une bombe atomique ordinaire.

Restent donc les sept pays officiellement membres du club nucléaire : par ordre d’importance, les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Chine – on remarque d’emblée que ces cinq premiers sont également les cinq puissances disposant du droit de veto à l’ONU – puis l’Inde et enfin le Pakistan.

La situation actuelle des puissances nucléaires

Si l’on fait le classement, deux pays caracolent en avant du peloton : les Etats-Unis, avec 14 sous-marins lanceurs d’engins, et la Russie, devenue un nain économique après l’effondrement de son empire mais à laquelle il reste son arsenal, notamment 8 SNLE. Un arsenal cependant très coûteux pour un pays dont le PIB ne dépasse guère celui de l’Espagne, et qui doit de surcroît fournir un gros effort de modernisation qui pèse sur son budget.

En troisième vient la France, dont les 4 SNLE assurent une veille stratégique permanente aux quatre coins du globe, puisqu’un missile peut parcourir 10.000 kms.

Ainsi, après les deux premières puissances nucléaires, même loin derrière, la France se détache quand même du reste, non seulement par l’effet égalisateur de la bombe – à quoi sert-il d’atomiser dix fois la même ville quand une seule fois suffit pour l’anéantir – mais aussi par sa capacité à détruire n’importe quelle puissance.

La situation de la Grande-Bretagne est différente : certes, elle possède autant de SNLE mais ses missiles sont de fabrication américaine, et sont intégrés à l’arsenal américain, ce qui accentue sa dépendance à l’égard des Etats-Unis.

La Chine se voit distancée technologiquement par ces quatre premières puissances, parce que ses sous-marins ne sont pas indétectables et ne sauraient remplir une mission de dissuasion mondiale.

D’ailleurs, l’Inde consent de gros efforts pour atteindre le niveau chinois, distançant largement son rival le Pakistan, lequel, cela dit, ne vise rien de plus qu’à la tenir à sa portée, New-Delhi ne se trouvant qu’à 500 kms de sa frontière.

Voilà le club très fermé dont l’Iran voudrait forcer la porte, au grand dam, non seulement de ses voisins, mais aussi des puissances tutélaires du monde, que la menace d’une dévastation générale effraie.

 

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