L’Europe face aux deux géants américain et chinois

 

Les grands acteurs économiques mondiaux : l’Union Européenne, les USA et la Chine

La Chine, avec un PIB annuel d’environ 16 milliards et demi de dollars, dispute à l’Union européenne la deuxième place, encore loin derrière le PIB américain, à 22 milliards. Mais en-dehors du classement purement étatique des économies : dans l’ordre, USA, Chine, Japon, Allemagne, France, Angleterre, Inde et Italie, peut-on regarder l’Union européenne comme un acteur économique jouant dans une cour des grands avec les USA et la Chine ?

A l’évidence, l’Union européenne est, en tant que telle, un géant économique, dès lors qu’elle s’est donné deux armes : la première, c’est une monnaie unique, qui place d’emblée l’euro au rang de monnaie mondiale ; la deuxième, c’est un mécanisme de décisions collectives qui en fait un acteur respecté, parce que très riche et très peuplé.

Cependant, il convient de noter que nous ne pouvons parler que de « mécanisme de décisions communes », et non pas véritablement d’un mécanisme d’Etat, comme dans la Fédération américaine, ou la Chine centralisée et autoritaire.

Les faiblesses de l’Union Européenne

Il est vrai que, tant que les Etats membres de l’Union sont capables de se mettre d’accord, le résultat est le même : on l’a bien vu au moment de la crise grecque, quand la décision collective a arrêté net ceux qui comptaient spéculer contre l’euro. Mais contrairement à ce que l’on avait espéré au début du XXIe siècle, l’euro lui-même ne parvient pas à s’imposer comme une devise au même titre que le dollar, qui est la monnaie d’échange de 85% du commerce mondial. Parce que l’Union européenne est privée de stratégie commune, de diplomatie commune, du moins dans les occasions les plus importantes : pensons par exemple à la Seconde guerre du Golfe où, s’agissant de la conduite à tenir vis-à-vis des Américains, chacun a tiré la couverture à soi, en ne suivant que ses propres intérêts. Pensons à la Pologne, passant commande d’avions de chasse américains au lendemain même de son admission dans l’Union, parce que depuis septembre 1939, la Pologne ne confiera plus sa sécurité à aucune puissance européenne. Pensons à l’Allemagne qui refuse l’idée d’une défense européenne pour ne pas déplaire à l’Amérique : la prédiction de De Gaulle en 1962 s’est réalisée, prévoyant que cette Europe ne serait jamais capable de se donner une politique, ou bien que seul un fédérateur extérieur pourrait la lui donner… mais il ne serait pas européen.

Face à la Chine, son principal problème vient de ce que sa propre oligarchie tire bénéfice du dumping social qui s’y pratique, quitte à devoir affronter des situations ubuesques comme au premier confinement où l’on découvrit qu’elle ne fabriquait plus chez elle de simples masques chirurgicaux.

Les faiblesses des autres nations

Peut-on y changer aujourd’hui quelque chose ? Peut-être pas. De surcroît, l’Union n’est nullement garantie contre un nouvel événement de même ampleur que le Brexit. Mais elle reste quand même un ensemble original, inédit, capable de répondre aux plus grands défis industriels contemporains : pensons à Arianespace, numéro 1 mondial ; à Airbus qui produit plus de la moitié des avions de ligne dans le monde et a dépassé le géant Boeing.

Enfin, après tout, les deux autres géants ont aussi leurs pieds d’argile : les Etats-Unis ne sont pas une nation, ils se sont fondés sur une idéologie, qui se retourne aujourd’hui contre eux puisque les deux moitiés de leur population s’en font deux conceptions opposées. Quant à la Chine, une part non négligeable de son PIB vient d’activités étrangères présentes sur son sol, contrairement à l’Allemagne, par exemple, qui exporte allemand. Ce qui fait de ce grand dragon un pays exposé aux fluctuations du contexte mondial… On le voit : chacun des trois a ses problèmes, pas seulement l’Union européenne !

 

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